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Voyage d'hiver

Schubert4

Winterreise

Winterreise (Voyage d'hiver en français), D.911, est un cycle de 24 lieder pour piano et voix, composé, un an avant sa mort, par Franz Schubert en 1827 sur des poèmes de Wilhelm Müller.


Le cycle du Voyage d'hiver ou Winterreise est sans doute le plus beau cycle de lieder de Franz Schubert. Par sa densité et son dramatisme, l'œuvre dépasse tout ce qu'il a produit dans le genre. C'est à partir de 1827 que le compositeur élabore ses plus hauts chefs-d'œuvre (la sonate pour piano n° 21, le quatuor à cordes n° 15, le quintette en ut, le Voyage d'hiver et le Chant du cygne). Plus sa mort pressentie approche, plus sa musique devient profonde et émouvante.

Le Voyage d'hiver est l'œuvre la plus triste du compositeur, il n'y a aucune issue ; l'hiver est la mort. Schubert est un solitaire dans Vienne, il est très peu connu et mis à l'écart par le succès de son modèle : Beethoven. Schubert vit dans la maladie, la solitude et l'angoisse de la mort. Il semble certain que le compositeur s'est identifié, dans les poèmes de Müller, à cet homme blessé par un amour non partagé qui, solitaire, voyage dans l'hiver. Dès le premier lied ("Gute Nacht"/"Bonne nuit"), la tonalité est donnée : mineure ; Schubert dit "adieu" sur un rythme de marche. Dans le dernier lied, le poète demande au joueur de vielle, qui représente la mort, s'il peut le rejoindre pour en finir.

Voyage d'hiver au Théâtre de l'Athénée

L'ombre portée de Schubert lui-même...

Œuvre culte du romantisme musical, révérée par la plupart des mélomanes en raison de sa beauté, de sa densité et de son dramatisme, Voyage d'hiver (Winterreise) a été composée par Schubert en 1827, un an avant sa mort, sur des poèmes de Wilhem Müller. Dans sa version originale, il s'agit d'un cycle de 24 lieder pour piano et voix, qui a été interprété par les artistes les plus illustres.

Pouvait-on s'attaquer à ce monument, en modifier ne fût-ce qu'une pierre ? Le metteur en scène et comédien japonais Yoshi Oïda, notamment connu pour son compagnonnage avec Peter Brook, et le jeune chef d'orchestre Takénori Némoto n'ont pas hésité. Ils en donnent une nouvelle lecture qu'Oïda a voulu théâtrale et, partant, plus proche du spectateur. Dans l'opéra Voyage d'hiver, présenté à Paris à l'Athénée-Théâtre Louis-Jouvet du 11 au 17 février 2012, Oïda met en scène le Poète (le Narrateur), la Femme, objet de son amour contrarié, et le Musicien vagabond, peut-être l'ombre portée de Schubert lui-même...

Pour interpréter de façon nouvelle et, osons le dire, de façon plus charnelle, l'oeuvre la plus poignante du compositeur, l'histoire de cet homme blessé, qui, seul, voyage dans l'hiver vers la mort, trois voix donc : une soprano, Mélanie Boisvert, et deux barytons, Guillaume Andrieux et Didier Henry.

Pour souligner la forme opératique, Takénori Némoto, s'inspirant d'une formation chère à Schubert, a orchestré le fameux cycle en octuor, joué par les solistes de l'Ensemble Musica Nigella. Formé en 2010 autour de Takénori Némoto, cet ensemble orchestral rassemble une trentaine d'instrumentistes, tous primés, issus des plus grandes formations françaises et internationales.